Les news de l’été

rodchenko

 
L’heure de la rentrée a sonné. Mais pendant que certains profitaient d’un repos bien mérité, la planète internet ne s’est pas pour autant arrêtée de tourner. Petite revue du web de l’été et retour sur quelques news qui ont alimenté les conversations estivales de la toile…
 
La mort du web. C’est Chris Anderson, l’auteur de la « longue traîne », qui l’annonce dans un article du magazine Wired publié le 17 août. Un article très commenté par tous les observateurs de la toile depuis sa parution. L’auteur illustre son argumentation avec un graphique qui montre la baisse relative du web dans l’ensemble des activités internet (vidéos, streaming…). Pour en comprendre la portée, sans doute n’est-il pas inutile de rappeler que le web est cet espace formé de tous les sites et Internet le protocole technique de transmission des données. Si Chris Anderson sonne le glas du web, c’est pour mieux souligner la bonne santé du média internet. « Web is dead, long life to the Internet » était le titre de sa tribune. Certains n’ont pu s’empêcher de relever que le trafic web continue pourtant de progresser en se développant simplement moins vite que d’autres. Mais la vraie question que soulève cet auteur visionnaire est celle des usages. Il observe que dans la journée type d’un utilisateur des nouvelles technologies « tout passe désormais par des applications » et en conclut que « durant ces dernières années, l’un des changements les plus importants dans le monde numérique a été le passage d’un Web grand ouvert à des plates-formes semi-closes ». Il prévoit la fin de l’open web et l’émergence d’un nouveau système plus fermé. L’avenir que dessine Chris Anderson est davantage favorable aux industriels et aux géants d’internet qui sauront imposer leurs marques sur des marchés de plus en plus captifs. Le succès de l’IPhone n’est sans doute pas étranger à cette analyse.
 
Le déclin de la presse écrite. C’est le second acte de décès de l’été repris sur de nombreux blogs. On ne compte plus dans le monde le nombre de titres de la presse écrite qui ont mis la clef sous la porte ou cherchent un repreneur. Après les Etats-Unis en 2008 et 2009, le tsunami numérique qui balaye tous les journaux sur son passage arrive sur nos côtes. La Tribune a été vendue pour 1€ symbolique, Le Monde est bradé à des hommes d’affaires et Sud-ouest, fleuron de la PQR, cherche désespérément un nouveau propriétaire… Jean-Christophe Féraud, dans un très bon billet publié sur Electron Libre le 10 août, ne voit qu’une seule issue pour tous ces journalistes qui se retrouvent sur le carreau : passer du côté obscur de la force et travailler pour les grandes compagnies du net. Il cite à ce sujet l’ancien patron de BBC News Richard Sambrook recruté récemment par le cabinet de relations publiques américain Edelman : « Le nouveau mantra c’est que chaque entreprise doit devenir un media de son propre chef, raconter ses propres histoires non plus à travers de simples sites internet, mais via des contenus vidéos, du divertissement, sur l’iPad et les téléphones mobiles ». Et certains agrégateurs comme Yahoo ou AOL, qui ont bien compris la menace que représente pour leur modèle la disparition d’une information de qualité à laquelle ils ont d’ailleurs contribué, se transforment à présent en « usine à contenus » en embauchant des centaines de journalistes. A tel point que la rédaction d’AOL est désormais plus nombreuse que celle du New-York Times.
 
Le lancement de France.fr. Lancé à l’occasion de la Fête nationale le 14 juillet, France.fr, le site destiné à promouvoir l’image de la France a été fermé le jour même de son lancement pour un « problème technique ».Une panne qui aura duré plus d’un mois puisque le site a été remis en ligne en toute discrétion le 16 août. Un site qui aurait déjà coûté la coquette somme de 4 millions d’euros selon le canard enchaîné…Si l’intention est louable, puisque l’Hexagone était l’un des rares pays européens qui ne disposait pas encore de site, le résultat laisse pantois. Ce fut sans conteste une des plus belles poilades de l’été ! Monsieur Saussez, vous avez rendu service aux gens du métier en livrant un cas d’école de tout ce qu’il ne faut plus faire en matière de graphisme internet…
 
Facebook près de chez vous. Pas de repos pour la world company du web. Le 19 août Facebook a dévoilé son nouvel outil de géolocalisation baptisé Facebook Places. Désormais en indiquant l’endroit où vous êtes, vous saurez immédiatement si des amis se trouvent au même endroit que vous. Pour le moment, cette fonction n’est disponible qu’aux Etats-Unis sur la dernière version de Facebook pour IPhone. Côté business, c’est bien sûr le marché de la pub locale qui est visée afin de pouvoir adresser des offres commerciales ciblées aux mobinautes.
 
Success story sur grand écran. The Social Network, le film qui raconte la saga Facebook, sort le 13 octobre. Réalisé par l’Américain David Fincher (Seven, Zodiac, Benjamin Button), le rôle de Mark Zuckerberg, fondateur de la multinationale virtuelle, a été confié au jeune acteur Jesse Eisenberg. Le grand rival ne pouvait pas se laisser voler la vedette sans réagir et on apprend ces derniers jours qu’un film sur Google, inspiré du livre « Googled : end of the world as we know it » (Googled : la fin du monde tel que nous le connaissons), serait également en préparation. C’est l’histoire de ses créateurs, Sergey Brin et Larry Page, qui sera mis en scène autour de leur slogan : « Don’t be evil » (ne soyez pas malveillants). Tout un programme. Mais ne préjugeons pas trop vite du résultat. Si les Français sont doués pour mettre en scène leurs névroses, les Américains ne sont jamais aussi convaincants que lorsqu’ils racontent leurs propres succès !
 
La fin du community management ? Cette fois, c’est nous qui posons la question ! Tant l’utilisation du terme servi à toutes les sauces est entrain de le vider de son sens. Cyril Rimbaud, alias Cyroul, a signé le 12 juillet sur son blog un article que tous les responsables d’agence feraient bien de lire à voix haute à tous leurs planners cette rentrée. Avec son franc-parler habituel, il pose LA question : veut-on rendre les annonceurs plus intelligents ou plus cons ? Dans une vision désespérée, il prévoit du community management off-shore pour quelques euros/mois d’ici quelques années. Malheureusement, cela existe déjà Cyril … Le blog Vide Poches révèle la tendance fake de certaines agences qui vendent à leurs clients de faux commentaires pour infiltrer les sites d’avis de consommateurs. Et rappelle au passage que le fait de se présenter sous une fausse identité de consommateur, est parfaitement illégal. Mais qu’on ne s’y trompe pas : être présent sur les médias sociaux devient de plus en plus nécessaire. En témoigne les résultats début août du sondage de l’Observatoire des usages Internet de Médiamétrie, qui indiquent que plus de 20 millions de Français sont inscrits sur un site communautaire et plus de 8 millions s’y rendent quotidiennement. On retiendra notamment parmi les chiffres de ce sondage que plus de la moitié des personnes inscrites sur ces sites consultent l’avis des membres de leurs communautés pour préparer leurs achats.
 
Bonne rentrée !

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Quand la politique enflamme le web

politique_web
Au moindre dérapage verbal des politiques, la Toile s’en empare et s’en régale. C’est parfois léger et drôle, parfois beaucoup moins.
 
De l’indétrônable « casse toi pauv’ con » à l’auvergnat de Brice Hortefeux, en passant par la raffarinade in English in the text, les réseaux sociaux, plateformes de vidéos, blogs, forums s’enflamment en quelques heures.
Commenté, disséqué, twitté, quoté, parodié, conspué, dénoncé, ovationné, déformé… les opinions sur le dernier dérapage fusent à la vitesse de l’émotion qui les porte. Des opinions qui prennent une forme virale et se répandent à une vitesse folle : c’est le buzz !
Formatés pour et par le net, ces dérapages sont généralement des séquences vidéo courtes, répondant parfaitement aux attentes de l’internaute zappeur qui peut les visionner en quelques secondes et les partager tout aussi rapidement. Les médias classiques, ayant toujours un train de retard, se rattachent au wagon, la boucle est bouclée, la polémique est lancée !
 
Des dérapages désormais souvent contrôlés et savamment calculés, car les politiques ont pris pleinement conscience du phénomène et des retombées médiatiques et électorales possibles. Mais l’exercice peut être à double tranchant.
Le résultat attendu n’est en effet pas toujours assuré : les dernières déclarations de George Frêche ou de Jean-Marie Le Pen, aussi ignobles soient elles, passent désormais quasiment inaperçues, les tentatives d’humour de Frédéric Lefebvre sur Twitter ont ruiné définitivement sa e-réputation. On se souvient de son inscription alors qu’il avait lui-même annoncé quelques jours auparavant que « Les minimessages de Twitter, c’est pour faire chic, mais c’est pas là que ça se passe ». Durant les quelques heures qui font suite à son inscription, il devient la personnalité française la plus citée mais moins de 12h après, son compte est fermé par Twitter au motif que le profil présente une « étrange activité ». Lefebvre avait justifié cette suspension en raison d’une audience trop importante… En réalité cette fermeture est due à l’accueil réservé par les internautes à « Fredo ». Ceux-ci ont simplement signalé en masse son compte comme spammeur, Twitter l’a donc suspendu. Mais il n’a pas tout perdu dans l’histoire puisque sa demande de réouverture lui vaut de disposer à présent d’un compte Twitter « vérifié » attestant de son authenticité, ce qui constitue un privilège assez rare.
 
En première ligne, Atchik Services observe depuis quelques années l’impact grandissant sur la Toile de ces dérapages verbaux. Plusieurs indices factuels montrent l’explosion du trafic à l’instant T : création de groupes Facebook en réaction immédiate à l’évènement, mots les plus tweetés, ou les plus tagués sur les plates formes de blogs, vidéos les plus vues, etc.
 
La rentrée 2012 arrive à grand pas sur fond d’élections présidentielles : burka, roms, sécurité, caillassage, etc. Les sujets polémiques ne manquent pas. Le cocktail est explosif et le terrain miné, situations étrangement propices à un feu d’artifice de nouveaux dérapages en tous genres.
Modérateurs, contributeurs, blogueurs, tous aux aguets !

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Modération et système de filtrage

filtrage_moderation
Comme dans tous les domaines professionnels, la veille des espaces communautaires n’a pas échappé au fantasme de remplacer totalement l’Homme par la Machine.
Devant les risques encourus, les éditeurs de contenus postés par l’internaute ont rapidement cherché des moyens automatiques de limiter les débordements (insultes, racisme, spam, etc.) avec plus ou moins de réussite.
De l’effacement pur et simple des mots problématiques aux techniques les plus sophistiquées d’analyse, comme nous l’expliquera Raphael, architecte logiciel chez Atchik Services, la modération automatique de contenu textuel n’a cessé d’évoluer et connaît actuellement sa révolution.
 
Le précurseur de la modération automatique est le caviardage automatique, étymologiquement issu de caviar, car le texte censuré devient rempli de points noirs, comme des œufs d’esturgeon. Cette technique, toujours utilisée, permet de dissimuler automatiquement des associations de lettres, des mots, des groupes de mots etc. préalablement enregistrés dans la machine : une fois un contenu détecté par la machine, celui-ci est remplacé par des … des ***** ou encore des _______
C’est le caviardage automatique.
 
Ce système, à l’image de nombreux modes de filtrage par mot ou lettres, a rapidement montré ses limites. Un « Espèce de gros c** » n’échappe à personne et caviarder le mot « nègre » n’est pas toujours pertinent. Pauvre Aimé Césaire et sa négritude…
Cela dit, que le mot « nègre » soit caviardé automatiquement pour éviter les messages racistes, pourquoi pas, mais encore faudrait-il que le contexte soit étudié !
 
Cet impératif est au cœur des problématiques des développeurs d’Atchik Services. Raphaël nous en dit un peu plus :
 
« Dans le cadre d’une prise en compte plus large du contexte, nous travaillons à un système d’apprentissage automatique des décisions de modération humaines pour les réappliquer sur des textes similaires à ceux déjà rencontrés.
 

Cet apprentissage supervisé par des experts permet de garder une base de connaissances à jour face à l’évolution constante du langage et des moyens de contournement que les utilisateurs mal intentionnés mettent en place.
 

La mixité automatique/manuelle du système en fait sa force car la compréhension, par la machine, du sens des textes est encore hors de portée mais une part importante (en volume) peut tout à fait être traitée automatiquement. Sans en comprendre le sens, de nombreux textes contiennent des éléments pouvant mener à un refus de publication. A l’inverse, de nombreux textes peuvent être marqués comme acceptables au vu des mots qui les composent sans pour autant en comprendre le sens. En cas de doute le texte est revu par un humain.

 

L’imperfection inhérente à tout système est contrôlée par des moyens statistiques et des tests en aveugles pour s’assurer qu’aucun décalage ne se produit entre les résultats attendus et ceux fourmis par le système au cours du temps. »
 
A l’image de la robotique, où la recherche a permis de passer des automates aux androïdes, les avancées en programmation feront rapidement évoluer le basique caviardage vers une modération automatique intelligente. C’est cet angle que choisit Atchik Services dans le cadre de ses développements sans pour autant se passer de l’Homme, irremplaçable. Une association intelligente de l’homme et de la machine : la machine pour simplifier le travail de la modération humaine et l’homme pour palier les limites du système, ceci afin d’offrir à nos clients la meilleure qualité de modération possible.

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Le ramdam du Ramadan sur le web

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Alors que l’été restait relativement calme sur les services de commentaires d’actualité en raison sans doute des départs en vacances, l’annonce du début du Ramadan par l’ensemble des médias a fait vivement réagir les internautes, tout particulièrement les plus extrémistes qui ont trouvé là une nouvelle raison de déverser anonymement leur islamophobie sur la Toile. Les espaces de discussions permettent d’observer un glissement manifeste du débat sur des questions plus large : l’Islam est-elle compatible avec les valeurs de la république ? Quelle place pour l’Islam de France ? Les musulmans de France sont-ils sur la meilleure voie de l’intégration ? Les échanges entre internautes font état de nombreux avis à caractère raciste, xénophobe, anti-immigrationniste… qui se voient aussi souvent réfutés par des réactions plus tempérées voire contradictoires. Sur ce type de thématique la modération doit montrer toute son habileté pour réguler au mieux les débats et l’exercice est loin d’être aisé !


Dans un premier temps, beaucoup d’internautes s’étonnent pour diverses raisons de la surmédiatisation de l’événement.

Certains la comparent simplement aux fêtes chrétiennes et se demandent « si les médias informatifs parleront autant du carême ou de l’assomption ». D’autres y voient « un complot entre la politique et les médias qui ferait le jeu de la politique actuelle sur l’immigration en poussant les gens à réagir sur un sujet qui touche un bon nombre de français issus de l’immigration », ils dénoncent « une information visant à attiser la haine de la différence et faire le jeu du Front National ».


A l’inverse certains intervenants ne voient de cet événement, certes très médiatisé mais en oubliant peut-être qu’il s’agit tout de même d’un événement majeur pour 6 millions de nos concitoyens, qu’ « une façon de rendre banale une inévitable islamisation de la France » ou encore « une façon d’habituer les gens à ce qui va inéluctablement arriver dans les années à venir », ceux là mettent en avant « les chiffres en constante augmentation du nombre de musulmans en France ». D’autres craignent même que « l’association du jeûne et des fortes chaleurs provoque un phénomène d’excitation et engendre des débordements dans les quartiers » !!


On observe également de nombreux commentaires qui dénoncent cette mise en avant comme « un noyage d’information politisé », une manière d’occuper les français sur ce sujet plutôt que sur d’autres plus graves ou qui ont touché les politiques comme l’affaire Woerth-Bettencourt ou « autres magouilles politiques », ceux-là estiment qu’il y a « des sujets bien plus importants dont il faudrait parler mais dont on fait curieusement abstraction ».


Par ailleurs on peut constater que beaucoup d’amalgames sont faits en raison du Ramadan et certains contributeurs profitent de l’événement pour dénoncer l’Islam en mettant en avant des pratiques fondamentalistes. Heureusement, les commentaires ne sont pas uniquement de cet ordre et en réaction à ces débordements xénophobes d’autres internautes insistent sur le fait que la grande majorité des musulmans en France sont modérés et mettent en avant les bons côtés de l’Islam quand il n’est pas mal interprété par quelques intégristes. Ceux-là prônent plus de tolérance et souhaitent « un très bon Ramadan à tous les musulmans ! ».

Enfin une bonne partie s’étonne « de tant de bruit autour d’un évènement religieux dans une république laïque » et invite « au respect de la liberté de culte quel qu’il soit et à la discrétion sur tout ce qui touche aux religions en général », estimant que « cela ne devrait pas sortir de la sphère privée », rajoutant de plus que « la France n’existe que par le mélanges des cultures et que c’est ce qui la rend belle ».


Force est de constater que dès que les médias mettent en avant une information touchant de près ou de loin des français issus de l’immigration, les internautes sont très réactifs et les propos souvent virulents sur les espaces communautaires leur permettant de réagir à l’actualité. La modération se doit alors de respecter la liberté d’expression afin d’encourager les débats tout en éliminant les messages illicites. La frontière étant mince pour certains messages, l’exercice de modération devient alors on ne peut plus complexe sur ce genre de thématique.


Antoine.

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