La Ferme des journalistes
Une ferme dans le Périgord, 5 journalistes, Twitter et Facebook. Retour sur l’opération « Huis clos sur le net » organisée par les Radios Francophones Publiques qui s’est déroulée du 1er au 5 janvier 2010, et qui avait pour objectif d’analyser les relations entre les médias traditionnels et les sources d’informations émanant des réseaux sociaux. Isolés volontaires pendant 5 jours (sans télévision, ni radio, ni presse écrite), les journalistes de Radio Canada, France Inter, France Info, Radio Télévision Suisse et RTBF, étaient reliés au monde uniquement par Twitter et Facebook, les deux sites à la mode.
À l’heure du bilan, les 5 protagonistes évoquent une difficulté pour décrypter l’actualité sans la présence des médias traditionnels. Benjamin Muller de France Info compare Twitter à la presse écrite, et relève qu’il est très difficile de comprendre le contexte d’un article du Monde avec la brièveté d’un message Twitter, qui rappelons-le est limité à 140 caractères. Une révélation d’une évidence certaine. Alors qu’Anne-Paule Martin de la RTS semble un peu perdue sur l’efficacité de son réseau, pour Nour-Eddine Zidane, Twitter est davantage un « outil d’alerte que les journalistes doivent intégrer dans leurs méthodes de travail ».
Des avis différents pour une expérience commune qui semble montrer que la puissance et la qualité de diffusion des informations sur Twitter et Facebook, dépendent en majeure partie des contributeurs faisant partie de son réseau personnel ou professionnel. Chose curieuse tout de même, les protagonistes n’étaient pas autorisés à cliquer sur les liens accompagnant les informations publiées sur les deux sites, ce qui effectivement réduisait ipso facto l’environnement médiatique à sa plus simple expression.
Alors, beaucoup de « buzz » pour rien ? Sans doute. Mais le plus intéressant dans cette expérience journalistique, c’est cette volonté de continuer à alimenter l’opposition entre médias traditionnels et médias numériques, alors que c’est bien d’une réflexion sur leur complémentarité dont nous avons besoin. Allons donc demander aux manifestants iraniens si les outils communautaires sont utiles et peuvent servir de relais d’information ? Peut-on se passer pour autant des analyses et des mises en perspectives journalistiques ? Evidemment non. Aucune nouvelle forme d’expression ne met en péril la précédente : pas plus que la Télé n’a tué le cinéma, Internet ne tuera la presse écrite. Seuls quelques « papys » de le presse française peuvent encore le craindre. En revanche, les règles d’une cohabitation pacifique entre médias restent à inventer.
Consultez les réactions des journalistes sur leur blog
Articles Liés
Les Allemands de GermanWings ont créé la surprise hier en mettant en ligne leu [...]
La marque Heineken vient de diffuser une nouvelle vidéo publicitaire qui parodi [...]
La grande question de la démocratisation du web 2.0 est une fois de plus au gou [...]
Après l'épisode sur les paramètres de confidentialité et la polémique qu'il [...]
Mardi 7 juin, Facebook a étendu son système de reconnaissance faciale permett [...]
Avec quelques siècles de retard, réseau socialement parlant, Google a enfin l [...]






