E-indignation

2 juin 2011   //   par atchikservices    //  Pas de commentaires

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La révolution européenne est-elle en marche ?


L’Espagne avec le mouvement des « indignés » a mobilisé des dizaines de milliers de jeunes depuis le 15 mai. En cause, la politique d’austérité et le chômage qui atteint 40% chez les moins de 30 ans. Inspirés par l’exemple portugais quelques jours plus tôt, des dizaines de milliers de grecs ont également manifesté ce dimanche. Concernant la France, nous sommes obligés de reconnaître que les différents mouvements qui émergent restent plutôt timides.
La mobilisation semble être à la mesure de la gravité de la situation. La jeunesse grecque, portugaise et espagnole a subit de plein fouet la crise économique. Mais rappelons que malgré 23% de chômage chez les jeunes, les diplômés français ont moins été impactés par cette crise. Si les jeunes non diplômés ont quant à eux été plus touchés, ils sont souvent moins politisés, ce qui pourrait expliquer l’actuelle faiblesse du mouvement français.


L’inspiration 2.0 du « printemps arabe »


C’est un appel lancé sur Facebook par des jeunes diplômés qui était à l’origine du mouvement portugais contre la politique d’austérité du gouvernement. Depuis, des pages sont également en train de se créer pour mobiliser un peu partout en France, comme celle des Indignés de France qui compte dans ses « intérêts » d’autres pages dont Réelle démocratie maintenant ou encore Opération Révolution France pour ne citer que celles-ci.


Sur Twitter, la mobilisation prend aussi une tournure importante. Via #spanishrevolution, #greekrevolution, #frenchrevolution, #yeswecamp, l’information de chaque mouvement peut être suivie en temps réel comme par exemple le mouvement parisien place de la Bastille. L’outil de micro-blogging donne la possibilité aux participants d’informer efficacement les followers mais aussi de coordonner le mouvement :


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Clairement inspirés par les révoltes arabes, les jeunes européens comptent bien tirer parti de l’outil révolutionnaire que représentent les réseaux sociaux. Il est plus que fréquent de voir au sein des campements organisés certains adeptes des réseaux sociaux relayer les informations et temps forts de la mobilisation, comme Puerta Del Sol à Madrid :


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La page Facebook Spanish Revolution compte aujourd’hui 170 000 fans. C’est sans conteste la plus grande réussite en terme d’audience au sein des mouvements européens.
Si le mouvement semble toutefois s’essouffler en Espagne, l’un des porte-parole du mouvement, Pablo Prieto déclarait récemment :


« Le rôle des réseaux sociaux est maintenant de nous permettre de continuer à diffuser nos propositions, pour que le mouvement continue à exister au-delà du campement de la Puerta del Sol »


On parle donc bien des réseaux sociaux en tant que vecteur du mouvement. En aucun cas celui-ci ne peut se substituer aux manifestations physiques. En effet, trop d’observateurs confondent la fonction « d’acteur » de la révolution avec celle « d’outil de communication ».


Facebook, Twitter et l’avenir des démocraties


L’erreur serait de voir les réseaux sociaux comme un simple outil marketing ou effet de mode. Ces plateformes remettent totalement en cause le rapport entre élus et citoyens pour offrir un nouvel espace de débat public. Même si on ne peut encore parler « d’été européen » au sujet des différents mouvements représentés actuellement, les responsables politiques se doivent de tenir compte du potentiel colossal que représentent les réseaux sociaux en terme de communication. Il s’agit de ne surtout pas laisser ces plateformes creuser le fossé qui sépare les citoyens des décideurs, mais bien de réduire celui-ci par le biais de l’instantanéité et de la proximité offertes aux utilisateurs.
Au-delà de sa fonction socialisatrice, le réseau social redéfinit la communication, certes au niveau européen, mais également global.


Rémi


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