Net Neutralité

Une consultation publique sur la Neutralité du Net vient d’être lancée par Nathalie Kosciuzko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie numérique. Si ce débat ne fait pas encore la Une des journaux et apparaît opaque aux yeux de beaucoup de gens, il commence à faire rage sur le web. Alors, de quoi s’agit-il ? Le principe de la neutralité du net garantit un égal accès à tous les sites pour tous les utilisateurs quel que soit leur moyen de connexion. Ce qui symbolise le mieux ce principe de neutralité, c’est le fameux forfait unique triple play à 29,99 € qui a joué un rôle essentiel dans le développement de l’internet fixe.
Aujourd’hui, plusieurs acteurs envisageraient de revenir sur ce principe en mettant en place un internet à plusieurs vitesses. Les opérateurs notamment, propriétaires des « tuyaux », disent avoir besoin de gérer et d’organiser la circulation des contenus pour faire face à la saturation de la bande passante. Ils suggèrent ainsi que les débits vers des plate-formes très « gourmandes » comme YouTube soient ralentis. Seulement voilà, qui décide ? Le gouvernement ? Les opérateurs ? Selon le type de réponse, c’est tout le paysage numérique qui serait redessiné. On pourrait voir apparaître sur le marché de nouvelles offres pour donner accès en priorité à certains sites et bouquets de services selon les accords passés entre fournisseurs d’accès et éditeurs, un peu comme dans l’audiovisuel. Le débat sur la Neutralité du Net aborde clairement la question du contenu et de son contrôle. Mais il ne faut pas s’y tromper, le débat de principe est au centre d’une bataille dont les enjeux sont d’abord économiques et financiers.
Si le gouvernement lance cette consultation, c’est sans aucun doute qu’il envisage de légiférer dans ce domaine. Toute idée de contrôle doit-elle être exclue à priori ? Pour Nathalie Kosciuzko-Morizet, alias NKM, cela n’a pas de sens. La liberté d’expression et de communication doit aussi prendre en compte la lutte contre la diffusion de contenus illicites ou dangereux (piratage, contenus pédo-pornographiques…). De leur côté, les internautes agitent l’étendard des libertés numériques et ne voient dans les arguments du gouvernement qu’un alibi pour renforcer encore une fois, après Hadopi et Loppsi, la surveillance du web et mettre fin au sacro-saint principe de la Neutralité du Net. Chacun, en tout cas, est invité à se prononcer et donner son opinion avant le 17 mai 14 heures.
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