Les enfants et le Web social

27 avr 2011   //   par Atchik-Services    //  1 Commentaire

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D’après une étude d’EUKidsOnline relayée par la commission européenne, les enfants européens seraient de plus en plus présents sur les réseaux sociaux. Réalisée sur 25 000 jeunes dans 25 pays, 77% des 13-16 ans affirment posséder un profil sur un réseau social avec tout de même un taux de 38% pour les 9-12 ans. La France n’est pas en reste avec 82% des 13-16 ans et 25% des 9-12 ans qui auraient déjà leur propre profil.


L’âge minimum pour s’inscrire sur Facebook est de 13 ans. Cependant, le réseau social a beau supprimer plus de 20 000 comptes par jour pour cette raison, encore 1/5ème des enfants de 9-12ans indiquent avoir leur propre compte.

Plus inquiétant, ¼ des enfants possédant un profil déclarent que celui-ci est public, avec tout ce que cela comporte : Référencement sur les moteurs de recherche, données accessibles ou encore numéro de téléphone personnel visible par tous. Seulement 56% des 11-12 ans estiment être capables de maîtriser les paramètres de confidentialité de Facebook. Pour couronner le tout, 50% des parents interrogés expliquent qu’ils ne posent aucune restriction quant à l’utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants (seul 1/3 des parents l’interdisent complètement).



Des mesures insuffisantes ?


En 2009, un accord d’autorégulation avait été signé par 17 sites sociaux tels que Facebook, Dailymotion, Youtube, etc. Cet accord visait à garantir la mise en œuvre de mesures concrètes destinées à garantir une plus grande sécurité pour les plus jeunes d’entre nous. Le bouton « signaler un abus » est d’ailleurs né de cet accord. Cette étude remet donc en cause ces dispositions et amènera prochainement la commission européenne à réévaluer les risques :
« Un nombre croissant d’enfants sont présents sur les sites de réseaux sociaux, mais bon nombre ne prennent pas les précautions nécessaires pour se protéger en ligne. Ces enfants s’exposent ainsi à des actes malveillants, et se rendent vulnérables face aux harceleurs et aux séducteurs. Toutes les sociétés de réseaux sociaux devraient donc paramétrer par défaut les profils des mineurs de façon qu’ils ne soient accessibles qu’aux personnes figurant sur leur liste approuvée, et hors d’atteinte des moteurs de recherche », a déclaré Neelie Kroes, la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique.



Comment enrayer le phénomène ?


Je suis allé la semaine dernière à la 15ème édition de la Mêlée Numérique pour assister, entre autres, à une conférence ayant pour intitulé « La révolution numérique Phase 2, l’ère du Social Networks ». De nombreuses questions sur les réseaux sociaux ont été abordées, dont une qui concernait justement la confidentialité des données sur les réseaux sociaux. Les intervenants étaient unanimement d’accord sur un point essentiel : La nécessité de faire preuve de plus de pédagogie envers les utilisateurs. Idée que je partage totalement et qui offre, à mon sens, un bien meilleur angle d’attaque que celui de la Commission européenne.


En effet, ne prenons pas le problème à l’envers. Notre intérêt n’est pas de mettre en place une batterie de mesures qui réguleront l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants. Primo parce qu’il sera toujours très difficile de savoir qui se trouve réellement derrière l’ordinateur de l’utilisateur, et secundo parce que l’enfant ne saura pas plus où il met les pieds si on ne lui explique pas le tenants et aboutissants d’une présence sur les réseaux sociaux. Le rôle de régulateur doit revenir aux parents, à l’école et aux professionnels du Web. C’est eux qui seront les mieux à même de fournir aux plus jeunes les connaissances nécessaires pour se lancer dans le Web social. Pour cela, il faut bien entendu que nous mettions en place les structures pédagogiques adaptées, mais aussi que parents et professeurs soient également formés aux nouveaux usages du Web.


Pour ne donner que cet exemple, la CNIL travaille de plus en plus sur des supports visant à mettre en garde les enfants sur les dangers du Web, comme l’explique Elise Wolton (service de la gestion des sanctions) : « Nous créons des supports pédagogiques pour les enseignants, les parents et les enfants. On leur apprend par exemple à paramétrer leur compte, on crée des applications pour leur faire prendre conscience des traces qu’ils laissent sur le web. On leur explique également comment leurs données peuvent être récupérées à des fins marketing, etc.»


Nos enfants sont de plus en plus exposés aux dangers d’Internet et ce de plus en plus jeunes. De ce fait, il semble aujourd’hui urgent d’éduquer ces jeunes aux usages des réseaux sociaux, ainsi que de les sensibiliser aux dangers qu’ils représentent. La vidéo qui suit est un exemple de ce qui peut être mis en place dans le cadre d’une prévention.


L’enjeu est clair, apprendre à gérer son identité numérique afin d’éviter de retrouver dans plusieurs années des données qui concerneraient nos enfants, les protéger également de rencontres douteuses, ou encore se méfier des offres marketing. Il est essentiel que chaque utilisateur sache paramétrer son compte, qu’il ait conscience des traces qu’il laisse en utilisant telle ou telle application. Il existe aujourd’hui des mesures simples pour sensibiliser les enfants et rassurer les parents, comme utiliser un pseudo, bien réfléchir avant de publier du contenu photo ou vidéo, faire le tri entre ses véritables amis et simples connaissances.
Les enfants manient très tôt et naturellement les outils numériques, il faut donc insuffler cette pédagogie le plus tôt possible. Toute tentative de régulation au sein des plateformes dédiées sera d’une part contre productive et d’autre part vouée à l’échec. Le chiffre de 38% des européens de 9-12 ans ayant malgré tout un profil sur les réseaux sociaux nous le prouve.


Rémi


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1 Commentaire

  • ça fait peur nampeche …

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