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ask.fm, un changement qui se limite à l’adresse ?

2 Jan 2015   //   par Steve Bonet    //  Pas de commentaire

 

Vous connaissez Ask.fm ? Non, pas Ask.com, la barre de recherche pénible que vous avez forcément installée un jour par mégarde mais bien  » Ask point FM », un service de questions/réponses qui fonctionne très bien depuis quelques années auprès d’un public jeunes. Né en Lettonie, il déménage désormais en Irlande et ses nouveaux propriétaires (qui sont Ask.com… Vous suivez toujours ?) promettent de renforcer la sécurité. Cela suffira-t-il à redorer l’image d’une plateforme ternie par les drames et le harcèlement en ligne ? Rien n’est moins sûr.

Ask.fm fait surtout parler de lui hors de France, et notamment au Royaume-Uni. Si le nom vous dit quelque chose, c’est probablement en raison de la vague de scandales qui a fait frémir la presse l’an dernier, alors que les dérives et les risques étaient identifiés avant les drames.

Le service incluant énormément d’adolescents aux propos souvent mal maîtrisés, le peu de réactivité de la modération laissait entrevoir le pire. Les dérapages recensés sont monnaie courante, ce qui, hélas, a conduit à un drame durant l’été 2013. Pourtant, l’interface affiche un bouton dédié immédiatement repérable :

ASK.fm violence

 

Aujourd’hui, le site apporte aux utilisateurs des conseils de sécurité et des consignes pour un comportement responsable sur Ask.fm. Après des drames comme le suicide d’une adolescente belge en septembre dernier, nul doute que cela ne suffit pas.

 

Un changement de façade (dans les deux sens du terme) ?

Afin de repartir sur de nouvelles bases, la communication officielle du groupe vise à faire passer le message que le laisser-aller est bien terminé côté Ask.fm. Valérie Combs, porte-parole chez Ask, se risque même à affirmer que « les anciens dirigeants lettons n’étaient pas très responsables ». Voilà qui a de quoi trancher, effectivement.

On l’aura bien compris, la question n’est pas celle de la liberté d’expression mais celle de la sécurité… Et notamment celle des mineurs, puisque ce sont eux qui utilisent majoritairement le service. Dans de nombreux pays comme le Royaume-Uni, l’Irlande ou le Canada, ce sont les parents qui font directement pression. Or, même si Ask.fm a promis de s’employer à lutter contre le cyberharcèlement, parfois appelé bullying en reprenant le terme anglais, peut-on croire à un vrai renforcement s’il est toujours possible de poster anonymement ? On peut en douter fortement.

Voici pourquoi le déménagement de la Lettonie vers Dublin, dont on sait la fiscalité attractive, ne peut que nous faire sourire. Plutôt que de lutter contre l’intimidation en ligne, la priorité d’Ask.com a été de regrouper Ask.fm au siège de la maison-mère. Contrairement à ce que la communication sur la sécurité en ligne laissait entendre, rien ne va vraiment changer pour le moment puisque l’anonymat rendra impossible toute action  : un changement d’adresse IP pour un internaute signalé, dans le pire et cas, et c’est reparti pour un tour. Ainsi, un cyberharceleur pourra continuer à sévir sans crainte sur une plateforme qui, rappelons-le une nouvelle fois, est surtout fréquentée par des adolescents et, donc, des mineurs.

Si Ask.fm ne fait que très peu parler de lui en France en-dehors des cas de drames sordides, signalons tout de même que le service est tout simplement la plus grande plateforme de questions/réponses au monde. Dans l’Hexagone, elle est devenue l’an dernier le troisième réseau social en temps passé en ligne, rien que ça. Et si, pour signaler un abus sur la plateforme, il suffit de cliquer sur « signaler », encore faut-il avoir le réflexe de le faire dès qu’un cas de harcèlement, de comportement suicidaire voire de menace terroriste (oui, aussi…) se présente. Sans tomber dans la caricature, le cas Ask.fm montre à quel point Et entre un système policier en ligne et un site dont la politique d’anonymat ne permet même pas la régulation par les membres, il y a un juste milieu qu’il serait judicieux de trouver pour les nouveaux propriétaires de ce service.

Pour rappel, afin de contenir le cyberharcèlement, le Gouvernement français a mis en place un site dédié : http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr. Cela peut toujours servir.


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